Environnement

BIOSECURITE EN RDC : L’ONG JUREC PLAIDE POUR UNE LOI SPECIFIQUE SUR LES OGM

BIOSECURITE EN RDC : L’ONG JUREC PLAIDE POUR UNE LOI SPECIFIQUE SUR LES OGM
À l’occasion de la Journée internationale de la santé des végétaux célébrée le 12 mai 2026, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) a lancé un appel pressant au Gouvernement et au Parlement congolais pour accélérer l’adoption d’une loi spécifique sur la biosécurité afin d’encadrer l’utilisation des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) dans l’agriculture en République démocratique du Congo.
Image après l'introduction
Dans un communiqué publié à Kinshasa, l’organisation spécialisée dans les questions juridiques environnementales estime que la RDC doit renforcer de toute urgence son dispositif légal face aux défis croissants liés à la sécurité alimentaire, à la circulation des organismes nuisibles et à l’introduction des biotechnologies modernes dans le secteur agricole.
La santé des végétaux au cœur de la sécurité alimentaire
Placée cette année sous le thème « Préserver la biosécurité végétale pour protéger la sécurité alimentaire et la nutrition », la Journée internationale de la santé des végétaux vise à sensibiliser les États et les populations sur l’importance de protéger les cultures contre les maladies et les ravageurs capables de compromettre la production agricole mondiale.
Selon les données rappelées par JUREC, les végétaux produisent 98 % de l’oxygène respiré sur la planète et représentent près de 80 % de l’alimentation humaine. Pourtant, les organismes nuisibles et les maladies détruisent chaque année jusqu’à 40 % des cultures agricoles dans le monde, aggravant ainsi l’insécurité alimentaire et les pertes économiques.
Pour la RDC, pays entouré de plusieurs frontières terrestres et engagé dans d’intenses échanges commerciaux régionaux, le risque de propagation des maladies végétales et des organismes nuisibles constitue une menace majeure pour l’agriculture nationale, la biodiversité et l’environnement.
Les OGM au centre du débat sur la biosécurité
Face à cette situation, la RDC poursuit actuellement un processus d’élaboration d’une loi spécifique sur la biosécurité destinée à réglementer l’utilisation des Organismes Génétiquement Modifiés dans l’agriculture et la protection des végétaux.
Selon JUREC, cette législation devient indispensable en raison de la circulation croissante des OGM végétaux et animaux dans la région. L’objectif serait notamment de garantir un cadre sécurisé pour le transfert, la manipulation et l’utilisation des biotechnologies modernes tout en prévenant les risques potentiels sur la santé humaine, animale, végétale ainsi que sur la biodiversité.
L’organisation souligne que plusieurs cultures génétiquement modifiées sont aujourd’hui développées pour résister aux insectes, aux virus ou aux herbicides, avec l’ambition de réduire les coûts de production agricole et d’améliorer les rendements. Toutefois, l’absence d’un cadre réglementaire clair alimente les inquiétudes d’une partie de la population et freine les débats scientifiques autour des avantages et des risques des OGM.
Une agriculture fragilisée par le faible accès aux intrants
Le communiqué met également en lumière les difficultés structurelles auxquelles fait face le secteur agricole congolais. JUREC relève notamment le faible accès aux semences de qualité et aux intrants agricoles modernes, une situation qui limite la productivité et accentue l’insécurité alimentaire dans plusieurs provinces du pays.
Pour l’ONG, l’amélioration de la production agricole passe nécessairement par une meilleure organisation du secteur, un encadrement scientifique renforcé et des politiques publiques capables de soutenir les agriculteurs tout en protégeant les écosystèmes.
Un plaidoyer pour accélérer les réformes légales
Tout en saluant les avancées réalisées grâce à la Loi n°11/009 du 09 juillet 2011 relative à la protection de l’environnement et à la Loi n°11/022 du 24 décembre 2011, JUREC estime que ces textes restent insuffisants pour répondre aux enjeux spécifiques de la biosécurité et des OGM.
L’organisation recommande ainsi au Gouvernement de renforcer les contrôles phytosanitaires aux frontières, de mettre en place un cadre permanent de concertation entre les parties prenantes et d’harmoniser les textes congolais avec les normes régionales du COMESA relatives au commerce des semences.
Au Parlement, JUREC demande l’adoption rapide de la loi sur la biosécurité ainsi que de la future loi semencière. L’ONG appelle également les universités, les centres de recherche, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers à renforcer la sensibilisation, la recherche scientifique et l’accompagnement technique sur les questions liées à la biosécurité végétale.
JUREC réaffirme son engagement

À travers cette déclaration, JUREC réaffirme sa volonté d’accompagner les autorités congolaises et l’ensemble des acteurs concernés dans le processus d’adoption de la future loi sur la biosécurité ainsi que des réformes agricoles connexes.
Pour Me Félix Credo Lilakako Malikuka, président du conseil d’administration de l’ONG et spécialiste en droit de l’environnement, « la biosécurité végétale constitue désormais un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire, la santé publique et la protection durable de l’environnement en RDC ».

SERGE GATA