N’SITU PELENDE : UN MODÈLE D’AGROFORESTERIE QUI REDESSINE L’AVENIR DES COMMUNAUTÉS ET DES ÉCOSYSTÈMES AU KWANGO
En visite sur le site le 24 août 2026, la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, accompagnée de l’ambassadrice du Royaume de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling, a salué les résultats obtenus par cette initiative portée par Colruyt Group, groupe belge de distribution engagé dans la réduction de son empreinte carbone.
« Je suis vraiment impressionnée par le travail qui est réalisé ici », a déclaré la ministre, estimant que l’expérience de N’situ Pelende pourrait servir de cas d’école et être reproduite dans d’autres régions de la RDC.
RESTAURER LA FORÊT ET REDONNER VIE AUX TERRES DÉGRADÉESLancé il y a environ trois ans, le projet repose sur une approche combinant reboisement, agriculture durable, restauration des sols, conservation de la biodiversité et amélioration des moyens de subsistance des populations locales.
Selon les responsables du projet, plus de 5 700 hectares ont déjà été reboisés grâce à l’association d’essences à croissance rapide et d’espèces forestières autochtones menacées. Au total, 36 espèces d’arbres auraient été réintroduites.
Pour Jan Schockaert, directeur général du projet N’situ Pelende, les premiers signes de restauration écologique sont déjà perceptibles.
« On voit que les arbres poussent bien et, comme ils poussent bien, il y a aussi des animaux qui reviennent », a-t-il expliqué, évoquant notamment des observations rapportées de petits et grands gibiers dans la zone.
Ces observations doivent toutefois être considérées avec prudence et nécessitent un suivi scientifique de la faune pour confirmer l’ampleur et la permanence de cette recolonisation.
L’AGROFORESTERIE AU SERVICE DES COMMUNAUTÉSL’une des particularités du projet est de ne pas dissocier la restauration des écosystèmes des besoins économiques des populations riveraines.
Des couloirs pare-feu sont notamment mis à la disposition des habitants pour la culture du manioc, principale denrée alimentaire locale. Le projet accompagne également les communautés dans l’apprentissage de techniques maraîchères adaptées aux zones de savane.
Cette approche cherche ainsi à réduire la pression sur les espaces reboisés tout en permettant aux populations de maintenir leurs activités agricoles.
Les retombées économiques commencent également à se faire sentir. Selon Sa Majesté Mwaku Kabamb Louis Makambu, les populations des villages environnants bénéficient notamment d’une amélioration de leur alimentation, de revenus permettant de payer la scolarité des enfants et les soins de santé, ainsi que d’une amélioration progressive de l’habitat.
Le remplacement des toitures en paille par des tôles constitue, selon lui, l’un des signes visibles de cette évolution.
UN MODÈLE QUI INTÉRESSE LE GOUVERNEMENT CONGOLAISPour la ministre Marie Nyange Ndambo, l’expérience de N’situ Pelende intervient dans un contexte où la RDC cherche à valoriser son potentiel forestier tout en développant de nouvelles opportunités liées au marché carbone.
« Le gouvernement congolais a tout intérêt à protéger et encourager de tels investissements », a-t-elle affirmé, souhaitant que cette expérience puisse être reproduite à travers le pays.
Cette ambition reste néanmoins conditionnée à plusieurs facteurs : la qualité du suivi des plantations, la pérennité du financement, la sécurisation foncière, l’implication effective des communautés et la capacité à mesurer de manière transparente les bénéfices environnementaux et socio-économiques du projet.
LA BELGIQUE SALUE UNE EXPÉRIENCE DE PARTENARIATL’ambassadrice de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling, a pour sa part salué une initiative privée belge dont les effets dépassent, selon elle, la seule question de la compensation ou de la réduction de l’empreinte carbone.
Elle a particulièrement insisté sur les bénéfices directs pour les populations locales et sur l’appropriation progressive du projet par les communautés.
Pour la diplomate, N’situ Pelende s’inscrit également dans les priorités du partenariat bilatéral entre la Belgique et la RDC, notamment en matière d’entrepreneuriat des jeunes, de formation professionnelle et de protection de l’environnement.
DE LA RESTAURATION ÉCOLOGIQUE AU DÉVELOPPEMENT DURABLEÀ N’situ Pelende, l’enjeu dépasse donc la simple plantation d’arbres. Le projet tente de démontrer qu’un investissement dans la restauration des paysages peut simultanément contribuer à la séquestration du carbone, à la régénération des sols, à la conservation de la biodiversité, à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des revenus ruraux.
L’expérience devra toutefois être évaluée sur le long terme. La croissance des arbres, le retour de certaines espèces animales et l’amélioration des revenus constituent des indicateurs encourageants, mais leur durabilité dépendra de la continuité de la gestion, de la gouvernance locale et de la capacité à maintenir un équilibre entre exploitation agricole et conservation.
N’situ Pelende apparaît ainsi comme un laboratoire grandeur nature de l’agroforesterie congolaise, dont l’expérience pourrait nourrir les politiques nationales de restauration des terres, à condition que les résultats annoncés soient régulièrement documentés et vérifiés par des données scientifiques indépendantes.
Rédaction : Green Impact Média
Commentaires et likes
Aucun commentaire pour le moment.