LOKOLAMA : DERRIÈRE LES TOURBIÈRES, UN TRÉSOR CLIMATIQUE ET UN TERRITOIRE À PRÉSERVER
À Lokolama, la forêt ne se résume pas à un couvert végétal. Elle constitue un espace de vie, de subsistance et de transmission des savoirs. Sous cette végétation se trouvent également des tourbières, ces écosystèmes humides capables de retenir d’importantes quantités de carbone pendant des milliers d’années.
Pour Greenpeace Afrique, leur importance dépasse largement les frontières de la République démocratique du Congo. « Les tourbières du bassin du Congo stockent près de 30 milliards de tonnes de carbone », souligne Georges Milumbu. Leur préservation représente ainsi, selon lui, « une priorité pour la RDC, mais aussi pour la lutte mondiale contre le changement climatique ».
PROTÉGER SANS EXCLUREMais préserver Lokolama ne peut, selon Greenpeace Afrique, se faire au détriment des populations qui vivent de ces espaces naturels. La question est donc moins de choisir entre conservation et développement que de trouver un équilibre permettant aux communautés de vivre de leur territoire tout en maintenant son intégrité écologique.
« Protéger Lokolama ne signifie pas opposer conservation et développement », insiste Georges Milumbu.
La solution passerait notamment par une implication plus forte des communautés dans la gouvernance de leurs territoires, mais aussi par la sécurisation de leurs droits et la reconnaissance de leurs savoirs traditionnels.
Cette approche peut s’appuyer sur des activités économiques compatibles avec la conservation, notamment l’agroécologie, l’apiculture et la valorisation des produits forestiers non ligneux. L’objectif est clair : créer des revenus pour les populations sans accroître la pression exercée sur les forêts et les tourbières.
À Lokolama, cette dimension sociale est essentielle. Car derrière les chiffres du carbone et les enjeux de biodiversité, il y a des femmes et des hommes dont les pratiques, les connaissances et la mémoire sont intimement liées à la forêt.
DES PRESSIONS QUI IMPOSENT DES CHOIXLa préservation de Lokolama s’inscrit toutefois dans un contexte plus large : celui des pressions exercées sur les forêts et les du bassin du Congo.
Face à ces menaces, Greenpeace Afrique appelle à renforcer les droits des communautés et la gouvernance communautaire. L’organisation recommande également de protéger les forêts et les tourbières contre les activités destructrices et de maintenir le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles.
Le rôle des partenaires internationaux est également mis en avant. Greenpeace Afrique souhaite que les financements consacrés à la conservation soient davantage orientés directement vers les communautés et qu’ils soutiennent leurs propres initiatives de protection de la nature.
Pour Georges Milumbu, l’enjeu est donc de dépasser une vision de la conservation uniquement centrée sur les espaces naturels. Les communautés doivent être considérées comme des acteurs essentiels de la protection de leurs territoires.
À Lokolama, préserver la forêt et les tourbières revient ainsi à protéger bien plus qu’un stock de carbone. C’est défendre un patrimoine écologique d’importance mondiale, tout en préservant un territoire vivant, une culture et des savoirs transmis au fil des générations. La véritable question est désormais de savoir comment garantir que ceux qui vivent au cœur de cet écosystème puissent aussi devenir, durablement, les premiers bénéficiaires de sa protection.
Racham Divine Green Impact Médi
Vraiment félicitations