COULOIR VERT KIVU-KINSHASA : À KINSHASA, LES JEUNES DE GREENPEACE AFRIQUE DESCENDENT DANS LA RUE POUR RÉCOLTER 5 000 SIGNATURES
Au cœur de cette mobilisation : recueillir au moins 5 000 signatures afin de porter auprès des autorités la demande de Greenpeace Afrique de maintenir le moratoire et d’éviter, selon l’organisation, l’octroi de nouvelles autorisations d’exploitation dans cet espace consacré à la conservation et au développement d’une économie verte.
Présent sur le terrain, le professeur Georges Milumbu, coordonnateur pays de Greenpeace Afrique, explique que cette campagne vise particulièrement à impliquer la jeunesse congolaise.
« La raison, c’est d’amener plusieurs jeunes à adhérer à cette démarche et à pousser le gouvernement à maintenir le moratoire le plus longtemps possible dans le Couloir Vert », a-t-il déclaré.
Pour Greenpeace Afrique, l’enjeu réside dans la cohérence entre les objectifs affichés du Couloir Vert et la poursuite de certaines activités extractives. L’organisation affirme avoir identifié, dans ses travaux, des chevauchements entre le périmètre du Couloir Vert et des zones couvertes par des blocs pétroliers et des concessions minières.
« Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa est une très bonne décision, une ambition louable du gouvernement. Mais il y a une certaine contradiction entre l’ambition et la réalité du Couloir Vert », estime Georges Milumbu.
Selon lui, l’autorisation de nouvelles activités extractives pourrait, si elle se poursuit, compromettre les objectifs de conservation assignés à cette vaste zone forestière.
Créé en janvier 2025, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa couvre environ 544 000 km² et traverse plusieurs provinces de la RDC. Le projet gouvernemental vise notamment la conservation de la nature, la protection des forêts et le développement d’une économie verte en impliquant les communautés locales.
Des passants interpellésSur place, les jeunes volontaires abordent les passants, expliquent les objectifs de la pétition et répondent aux questions. Plusieurs personnes se montrent curieuses de comprendre les enjeux liés au Couloir Vert et les raisons de cette campagne.
Pour Greenpeace Afrique, cette mobilisation constitue également un moyen de sensibiliser l’opinion publique aux enjeux liés à la protection des forêts du Bassin du Congo, des tourbières et de la biodiversité.
L’organisation avait déjà publié, en juillet 2026, une note d’orientation appelant notamment au maintien du moratoire sur les nouvelles concessions forestières et à un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers dans le Couloir Vert.
« Notre ambition est d’amener 5 000 personnes à signer la pétition. Mais nous savons qu’avec l’intérêt de la population, nous irons au-delà de 5 000. Ce sera déjà un échantillon important pour convaincre les autorités », affirme Georges Milumbu.
Au-delà de la collecte de signatures, cette campagne met en lumière un débat plus large sur l’avenir du Couloir Vert Kivu-Kinshasa : comment concilier conservation des écosystèmes, droits et moyens de subsistance des communautés, développement économique et exploitation des ressources naturelles ?
Pour Greenpeace Afrique, le maintien du moratoire constitue une condition pour préserver les objectifs environnementaux du projet. De son côté, le cadre juridique du Couloir Vert prévoit notamment que les projets implantés dans son périmètre soient examinés conformément à la réglementation en vigueur, avec des exigences relatives à l’enquête publique, au consentement libre, informé et préalable et aux études d’impact environnemental et social.
À Limete, la campagne se poursuit donc au contact de la population. Avec un objectif affiché de 5 000 signatures, les jeunes volontaires entendent faire de cette mobilisation citoyenne un signal adressé aux décideurs sur l’avenir de cette vaste initiative de conservation.
Serge GATA- Green Impact Media
La lutte continue