Environnement

ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS : UN MODÈLE D’ASSAINISSEMENT POUR LES INSTITUTIONS ACADÉMIQUES DE KINSHASA ?

ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS : UN MODÈLE D’ASSAINISSEMENT POUR LES INSTITUTIONS ACADÉMIQUES DE KINSHASA ?
Dans une Kinshasa confrontée à des défis persistants en matière d’assainissement, les établissements scolaires et universitaires ne sont pas épargnés par l’insalubrité. Pourtant, certains espaces académiques montrent qu’une amélioration durable du cadre de vie peut aussi reposer sur l’organisation, la responsabilisation et surtout l’éducation aux bonnes pratiques.
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À l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, l’état de propreté de l’institution attire l’attention des visiteurs. Des espaces entretenus, un environnement ordonné et une attention portée au cadre de vie donnent à l’établissement une image qui contraste avec certaines réalités observées dans la capitale.
Derrière cette dynamique, le management de l’institution, sous la conduite de Henry Kalama, met notamment l’accent sur la responsabilisation quotidienne et l’apprentissage des comportements favorables à la salubrité.
Interrogé par la rédaction de Green Impact Média, Henry Kalama, DG de cette institution estime que l’enjeu dépasse largement une simple opération ponctuelle de nettoyage. Pour lui, la question fondamentale réside dans l’appropriation d’une véritable culture de salubrité.
« Le plus grand problème auquel nous faisons face ici, c’est le manque de culture de salubrité auprès de nos populations, auprès de nous-mêmes », explique-t-il.»
Selon le responsable, la responsabilité de l’assainissement ne peut toutefois pas être dissociée de celle des dirigeants. Ceux-ci doivent, estime-t-il, mettre en place des initiatives permettant d’inculquer durablement les bonnes pratiques à la population.
Au-delà du nettoyage : changer les comportements
L’expérience mise en avant à l’Académie des Beaux-Arts repose, selon Henry Kalama, sur trois leviers : la pédagogie, la responsabilisation et le contrôle quotidien.
« Une seule journée ne suffit pas. Ça veut dire que nous devrons insister jusqu’à ce qu’on puisse s’approprier cette culture », souligne-t-il.
Cette approche pose une question essentielle dans le débat sur l’assainissement à Kinshasa : peut-on durablement améliorer la propreté des espaces publics sans modifier les comportements de ceux qui les fréquentent ?
Le nettoyage permet de rendre un espace propre. Mais sans mécanisme de responsabilisation et sans changement des habitudes, cette propreté peut rapidement disparaître. À l’inverse, lorsque l’entretien devient une responsabilité collective et quotidienne, les résultats peuvent être plus durables.
C’est précisément sur ce terrain que l’expérience de l’Académie des Beaux-Arts mérite d’être observée : non pas comme la preuve qu’un établissement aurait trouvé à lui seul la solution au problème d’insalubrité de Kinshasa, mais comme une expérience de gestion du cadre de vie susceptible d’alimenter la réflexion sur les pratiques d’assainissement dans les institutions académiques.
Un modèle reproductible ?
La question reste désormais celle de la reproductibilité. Si la pédagogie, la responsabilisation et le suivi quotidien contribuent effectivement à maintenir un environnement propre au sein d’une institution, ces mécanismes pourraient-ils être adaptés à d’autres écoles, universités et établissements publics ?
Henry Kalama considère que l’expérience peut dépasser les murs de l’Académie des Beaux-Arts : « C’est possible aussi de le faire au niveau provincial et au niveau national », affirme-t-il.
L’enjeu est donc moins de rechercher un établissement exemplaire que d’identifier les pratiques concrètes qui peuvent être reproduites, adaptées et évaluées ailleurs.
Dans une capitale où l’assainissement demeure un défi collectif, l’expérience de l’Académie des Beaux-Arts rappelle ainsi une évidence souvent reléguée au second plan : la propreté d’un espace ne dépend pas uniquement de la fréquence des opérations de nettoyage, mais aussi de la manière dont ses usagers sont éduqués, responsabilisés et impliqués dans sa préservation.
La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si l’Académie des Beaux-Arts constitue déjà un « modèle » pour Kinshasa, mais plutôt de déterminer quels enseignements de son expérience peuvent être mesurés, documentés et transposés dans d’autres institutions.

Serge GATA, Green Impact Média 

Commentaires et likes

BINJA KASOLE Judith

Je suis totalement d'accord avec le DG de l'académie des beaux arts.

La salubrité c'est plutôt une culture à intégrer aux quotidien de chaque personne vivant dans la ville de Kinshasa.

Nous devons beaucoup plus nous auto éduqué, et sur terrain agir pour le bien de notre nature. C'est tout un processus, mais chaque geste aussi petit que soit compte pour changer.