Environnement

JOURNÉE MONDIALE DES GORILLES : EN RDC, LE DERNIER REFUGE DE DEUX GORILLES EN DANGER

JOURNÉE MONDIALE DES GORILLES : EN RDC, LE DERNIER REFUGE DE DEUX GORILLES EN DANGER
Ils sont parmi les plus grands et les plus impressionnants des primates. Pourtant, leur puissance ne les protège pas de l’extinction. Ce 24 septembre, la Journée mondiale des gorilles braque les projecteurs sur ces grands singes menacés, et particulièrement sur la République démocratique du Congo, qui abrite deux taxons emblématiques : le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei) et le gorille de Grauer, ou gorille des plaines de l’Est (Gorilla beringei graueri).

Image après l'introduction

Créée en 2017, cette journée fait notamment référence au 24 septembre 1967, date à laquelle la primatologue américaine Dian Fossey installait le centre de recherche de Karisoke, au Rwanda, devenu un haut lieu de l’étude et de la conservation des gorilles. Il ne s’agit toutefois pas d’une journée internationale officielle proclamée par l’ONU.

LA RDC, TERRE DE GORILLES

Dans l’Est de la RDC, le Parc national des Virunga constitue l’un des derniers refuges du gorille des montagnes. Le massif des Virunga, partagé entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda, abrite l’une des deux seules populations sauvages de cette sous-espèce au monde.

Les dernières données disponibles indiquent que la population mondiale du gorille des montagnes a dépassé 1 000 individus. En RDC, le secteur des gorilles de montagne de Virunga comptait 357 individus répartis en 11 groupes en 2025, selon les données publiées par le Parc national des Virunga. Huit naissances y ont également été enregistrées la même année.

Une précision scientifique s’impose : le chiffre de 604 gorilles souvent cité correspond au recensement du massif des Virunga dans son ensemble, réalisé en 2015-2016, et non à la seule population congolaise.

GRAUER : LE GORILLE QUI NE VIT QU’AU CONGO

Autre trésor biologique congolais : le gorille de Grauer. Cette sous-espèce est endémique de la RDC, c’est-à-dire qu’elle ne vit naturellement que dans ce pays.

Sa population sauvage est estimée à environ 6 800 individus, selon les données citées par le groupe de spécialistes des primates de l’UICN et le partenariat GRASP. Cette estimation constitue une amélioration de la connaissance scientifique grâce à de nouvelles méthodes et à une meilleure couverture des relevés ; elle ne signifie pas que la population a augmenté.

Le Parc national de Kahuzi-Biega et les forêts communautaires d’Oku constituent aujourd’hui des bastions majeurs de cette sous-espèce. Les données disponibles estiment à environ 1 571 gorilles la population du parc, tandis qu’Oku en abriterait environ 2 244.

QUE DIT L’UICN ?

Le statut varie selon le taxon  une distinction essentielle pour éviter les amalgames.

Gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri) : EN DANGER CRITIQUE. Gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei) : EN DANGER.

Le gorille des montagnes a vu son statut passer de « En danger critique » à « En danger » en 2018, à la suite de l’augmentation documentée de ses effectifs. Cette amélioration ne signifie pas que la menace a disparu : l’espèce reste confrontée notamment à la perte d’habitat, aux maladies, au braconnage et aux effets de l’instabilité dans son aire de répartition.

ET LA CITES ?

Sur le plan du commerce international, les gorilles bénéficient du niveau de protection le plus strict de la CITES : l’Annexe I. Le Gorilla beringei et le Gorilla gorilla y sont inscrits. Cette annexe concerne les espèces menacées d’extinction et soumet leur commerce international à des restrictions particulièrement sévères, avec des exceptions limitées.

UN GRAND SINGE, UN SIGNAL D’ALARME

Protéger le gorille en RDC, ce n’est donc pas seulement sauver un animal spectaculaire. C’est aussi protéger les forêts denses de l’Est congolais, leur biodiversité et les équilibres écologiques dont dépendent également les communautés humaines.

Mais le contexte reste fragile. À Virunga, les conflits et l’insécurité ont notamment limité les possibilités de surveillance régulière des gorilles, augmentant les risques liés aux pièges, au braconnage et aux maladies transmises par l’homme. En 2025, le parc a néanmoins rapporté 69 511 observations de gorilles et la réintroduction de quatre gorilles de plaine de l’Est dans la nature.

Ce 24 septembre, derrière la célébration, le message est donc simple : en RDC, protéger les gorilles revient aussi à protéger les forêts qui les font vivre.

Rédaction Green Impact Média 

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