Environnement

AWF : protéger la faune, une urgence pour le climat et la biodiversité - JME 2026

AWF : protéger la faune, une urgence pour le climat et la biodiversité - JME 2026

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, African Wildlife Foundation alerte : la lutte contre la criminalité faunique est un levier essentiel pour répondre à la crise climatique.

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Face à l’accélération du changement climatique, les signaux ne laissent plus place au doute. Mais pour les acteurs de terrain en République démocratique du Congo (RDC), le défi n’est plus d’identifier ces signaux ; il est désormais temps d’y répondre.

Dans le bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, les liens entre biodiversité, forêts et climat sont directs et indissociables. Pourtant, ces crises continuent d’être traitées séparément.

« Lorsque la faune disparaît, la forêt perd sa capacité à se régénérer. Et lorsqu’elle s’affaiblit, c’est tout l’équilibre climatique qui est menacé », rappelle Antoine TABU, Coordonnateur pays pour AWF.

La criminalité faunique, un enjeu climatique majeur

Longtemps considérée comme une simple menace pour les espèces, la criminalité faunique apparaît aujourd’hui comme un facteur clé du dérèglement climatique. Elle fragilise directement les écosystèmes et accélère la dégradation des forêts dont dépend l’équilibre climatique mondial.

Les grands mammifères comme les éléphants, les bonobos ou d’autres espèces forestières jouent un rôle essentiel dans la régénération des forêts. En se déplaçant, ils dispersent les graines, favorisent la diversité végétale et contribuent au renouvellement naturel des écosystèmes. Leur disparition entraîne des conséquences multiples : diminution de cette dispersion, ralentissement de la croissance forestière, et baisse de la capacité des forêts à stocker le carbone.

Autrement dit, la lutte contre le braconnage ne relève plus seulement de la conservation des espèces. Elle constitue désormais un levier essentiel pour préserver les forêts, maintenir leur rôle de puits de carbone, et répondre efficacement à la crise climatique.

Miser sur l’éducation pour changer durablement les comportements

Dans le village d’Ilima, situé dans le groupement Likunduamba (territoire de Befale, province de la Tshuapa), AWF mène un travail constant de sensibilisation auprès des élèves de l’école primaire d’Ilima. Construite en 2013 grâce à un partenariat entre AWF et la communauté locale, cette école a été pensée dès le départ comme une école de conservation, alliant accès à l’éducation et apprentissage environnemental.

À travers des clubs environnementaux créés au sein de l’établissement, les élèves des classes terminales apprennent les liens essentiels entre faune, forêts et climat. « Notre message de sensibilisation aux enfants est simple, mais fondamental : sans les animaux, pas de forêt ; et sans forêt, le climat se dégrade » explique Divin Nemo, consultant AWF à charge de l’éducation environnemental à l’école Ilima.

Ces clubs permettent notamment aux élèves plus âgés de découvrir les bonobos, le rôle des forêts et les pratiques de vie durable.

Mais l’apprentissage ne s’arrête pas là. Rebecca LOKULI, ancienne élève et aujourd’hui enseignante au sein de son Alma mater, est très impliquée dans cette dynamique. Elle a mis en place une initiative complémentaire : chaque lundi, elle rassemble les plus jeunes enfants, encore trop petits pour intégrer les clubs officiels, pour des échanges simples autour de la nature.

Elle leur explique, avec des exemples concrets :

- Comment les feuilles mortes protègent les sols, 
-  Comment la coupe d’un arbre peut détruire un habitat invisible, 
-  Comment les rivières reflètent les actions humaines.

Cette approche progressive et adaptée permet d’ancrer très tôt des valeurs de respect et de protection de l’environnement.

Une responsabilité collective

À l’occasion de cette Journée mondiale de l’environnement, le message porté par AWF est sans équivoque : la lutte contre la criminalité faunique doit devenir une priorité. Car protéger la faune, c’est maintenir les forêts vivantes.
Et protéger les forêts, c’est protéger le climat.

Face à une crise globale, la réponse ne peut être que collective. Institutions, partenaires, médias et communautés sont appelés à jouer un rôle actif dans la protection de ces écosystèmes stratégiques.

En filigrane, c’est aussi le rôle de la RDC dans la lutte contre le changement climatique qui se dessine. Avec ses vastes étendues forestières, le pays représente l’un des derniers remparts naturels contre le réchauffement planétaire.

Mais ce rôle ne pourra être pleinement assumé qu’à travers des actions concrètes, durables et coordonnées : en protégeant la faune, en renforçant la justice environnementale, et en formant dès aujourd’hui les futures générations.

« La réponse à cette crise repose sur un engagement à trois niveaux : assurer un leadership fort en faveur de la faune, adopter des modes de vie respectueux de la nature, et prendre soin activement des espèces et de leurs habitats », martèle Antoine TABU.

C’est dans cette combinaison entre engagement, changement des pratiques et responsabilité collective que se trouve la clé pour préserver les forêts du bassin du Congo et, avec elles, l’équilibre climatique mondial.


SERGE GATA

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