COULOIR VERT KIVU-KINSHASA : GREENPEACE AFRIQUE TIRE LA SONNETTE D'ALARME ET APPELLE À UN MORATOIRE SUR LES PROJETS EXTRACTIFS
Organisée au siège de l'organisation, dans la commune de Ngaliema, cette conférence de presse a réuni des journalistes ainsi que plusieurs experts de Greenpeace Afrique autour des conclusions d'une étude mettant en évidence les risques liés au développement des industries extractives dans cette vaste zone forestière.
La note d'orientation dévoile de nouvelles données démontrant les chevauchements entre les concessions extractives et le Couloir Vert. Elle souligne également plusieurs insuffisances en matière de gouvernance et formule des recommandations destinées à préserver les forêts, la biodiversité ainsi que les droits des peuples autochtones et des communautés locales.
La rencontre a été introduite par Georges Milumbu, Coordonnateur Pays de Greenpeace Afrique. Bonaventure Bondo, Chargé de campagne Forêts pour le Bassin du Congo, a présenté les principales conclusions de la note, tandis que Toussaint Molenge, Responsable régional de la campagne Forêts et Biodiversité, est intervenu sur le thème : « Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa : alerte et urgence d'un moratoire sur les nouveaux projets extractifs ».
Au cours de son intervention, Bonaventure Bondo a rappelé que le Couloir Vert constitue une initiative stratégique du Gouvernement congolais, placée sous le leadership du Président de la République, et qui ambitionne de positionner la RDC comme un pays solution face aux défis du changement climatique.
« Aujourd'hui, nous avons lancé une analyse sur les menaces extractives qui pèsent sur le Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Cette initiative place la RDC parmi les leaders mondiaux de la lutte contre le changement climatique. Cependant, nous avons identifié plusieurs contradictions entre les ambitions affichées et certaines politiques menées sur le terrain », a-t-il déclaré.
Selon lui, une étude réalisée l'année précédente avait révélé que 72 % de la superficie du Couloir Vert se superpose à des blocs pétroliers. Les nouvelles recherches présentées par Greenpeace Afrique montrent désormais que 23 % de cette même superficie est également concernée par des concessions minières, qu'elles soient actives ou inactives.
Pour Greenpeace Afrique, ces chiffres démontrent la nécessité de prendre des mesures urgentes afin de garantir la cohérence entre les objectifs de conservation et les politiques de développement économique.
L'organisation appelle ainsi le Gouvernement congolais à déclarer le Couloir Vert incompatible avec toute nouvelle activité pétrolière, gazière ou minière, afin de préserver durablement les écosystèmes forestiers, les tourbières et la biodiversité exceptionnelle de cette région.
« Notre message est clair : le Gouvernement doit déclarer cette zone incompatible avec les projets extractifs pour rester fidèle aux objectifs de conservation qui ont motivé la création du Couloir Vert. Nous demandons également un moratoire sur tout nouveau projet pétrolier, gazier et minier dans son périmètre afin que le pays puisse pleinement bénéficier de ce qui pourrait devenir la plus grande réserve communautaire au monde », a insisté Bonaventure Bondo.
Parmi les principales recommandations formulées figure également la publication d'une liste d'exclusion des investissements, permettant d'identifier clairement les activités économiques compatibles avec les objectifs de conservation du Couloir Vert et celles qui devraient être interdites.
« Beaucoup de projets sont annoncés pour créer des emplois et soutenir les communautés locales. Nous demandons à l'État d'établir des critères publics et transparents afin que chacun sache quels investissements sont compatibles avec le Couloir Vert. Sans décisions claires, le risque est de voir s'installer un véritable désordre dans la gestion de cette initiative », a conclu le Chargé de campagne Forêts de Greenpeace Afrique.
Au-delà de la protection des écosystèmes, Greenpeace Afrique plaide également pour un renforcement des droits des peuples autochtones et des communautés locales, considérés comme des acteurs essentiels de la conservation des forêts du Bassin du Congo.
À travers cette note d'orientation, l'organisation entend interpeller le Gouvernement de la RDC ainsi que les partenaires techniques et financiers afin que le Couloir Vert Kivu-Kinshasa demeure un véritable modèle de conservation et de développement durable, à l'abri des pressions exercées par les industries extractives.
Samuel Kalonji
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