LA RDC AFFÛTE SA STRATÉGIE FACE À LA MOBILITÉ CLIMATIQUE
La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la prise en compte des déplacements humains liés aux changements climatiques. Le Gouvernement a ouvert, ce lundi à l'Hôtel Béatrice, un atelier national consacré à la mobilité climatique, organisé par le Ministère de l'Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), en partenariat avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Prévue jusqu'au 29 juillet, cette rencontre rassemble les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants de la société civile autour d'un objectif commun : élaborer une réponse nationale cohérente face à l'augmentation des déplacements de populations induits par les phénomènes climatiques.
Dans son allocution d'ouverture, la ministre de l'Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, a rappelé que le pays fait face à une aggravation simultanée des crises humanitaires et environnementales. Selon elle, la RDC compte actuellement près de 5,8 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, dont une grande partie subit les effets conjugués des conflits armés et des aléas climatiques.
Au cours des cinq dernières années, plusieurs provinces, notamment le Tanganyika, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Kasaï Central ainsi que la ville de Kinshasa, ont été frappées par des événements climatiques extrêmes ayant entraîné d'importants mouvements de populations. Une situation qui, a souligné la ministre, appelle une réponse publique structurée et durable.
Tout en reconnaissant l'ampleur des défis, la cheffe du MEDD-NEC a insisté sur les opportunités qu'offre cette problématique pour renforcer les politiques nationales d'adaptation au changement climatique. Elle a plaidé pour une approche multisectorielle, capable d'intégrer la mobilité humaine dans les stratégies nationales de résilience.
Les échanges s'inscrivent dans le prolongement des engagements régionaux et continentaux de la RDC, notamment la Déclaration de Kampala sur la migration, l'environnement et le changement climatique (KDMECC), adoptée en 2022 sous l'égide de l'Union africaine, ainsi que des initiatives de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) relatives à la mobilité humaine liée au climat.
Les travaux, organisés sous forme d'exposés techniques et de groupes de réflexion, doivent contribuer à renforcer les connaissances sur les interactions entre migration, environnement et changement climatique, tout en alimentant l'élaboration de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) de la RDC.
À l'issue des trois jours de travaux, les participants sont attendus sur des recommandations concrètes en vue de mettre en place une stratégie nationale intégrée d'adaptation et un cadre de gouvernance prenant pleinement en compte la mobilité humaine. L'ambition affichée est de renforcer la résilience des communautés exposées et d'améliorer la gestion des déplacements liés aux effets du changement climatique.
Par cette initiative, la République démocratique du Congo confirme sa volonté de structurer une politique nationale plus cohérente face à l'un des défis environnementaux et humanitaires majeurs des prochaines décennies.
Serge GATA
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