ASSAINISSEMENT DE KINSHASA : LE GOUVERNEMENT S'APPRÊTE À SCELLER UN PARTENARIAT STRATÉGIQUE POUR TRANSFORMER LES DÉCHETS EN ÉNERGIE
L'annonce a été faite à l'issue d'une réunion présidée par la ministre de tutelle, Marie Nyange Ndambo, qui a reçu une délégation conduite par le directeur général de Turbelco Hydro, Georges Mikwasa, accompagnée des experts ayant piloté l'étude technique consacrée à l'assainissement, à la collecte, au tri et à la valorisation des déchets solides de Kinshasa.
Une étude validée, un projet prêt à entrer dans sa phase opérationnelleAprès plusieurs mois d'évaluation, la Commission technique mise en place en avril dernier a achevé ses travaux et rendu un avis favorable. Cette validation ouvre désormais la voie à la signature imminente d'un protocole d'accord entre le Gouvernement congolais et les deux entreprises partenaires.
En recevant le rapport de synthèse, la ministre Marie Nyange Ndambo a exprimé sa satisfaction quant au niveau de maturité du projet. Elle a réaffirmé la volonté de l'Exécutif de soutenir cette initiative afin qu'elle dépasse le stade des études pour entrer rapidement dans sa phase de réalisation.
Cette position traduit une orientation claire du Gouvernement : accélérer les investissements capables d'apporter des réponses durables aux défis environnementaux auxquels Kinshasa est confrontée depuis plusieurs décennies.
Transformer un problème environnemental en opportunité économiqueAu-delà de l'assainissement, le projet ambitionne de faire des déchets une véritable ressource économique. Il prévoit une chaîne intégrée comprenant la collecte, le transport, le tri, le recyclage, la valorisation énergétique ainsi qu'une gestion moderne des déchets solides.
L'infrastructure principale sera implantée sur un site situé à N'Djili-Brasserie, où sera construite une usine capable de traiter quotidiennement près de 9 000 tonnes de déchets.
Selon les projections présentées par les promoteurs, cette unité industrielle pourra produire jusqu'à 136 mégawatts d'électricité, une capacité susceptible de contribuer au renforcement de l'offre énergétique de Kinshasa tout en réduisant l'impact environnemental des déchets ménagers.
Le projet affiche également une importante dimension socio-économique avec la création annoncée de 3 500 emplois directs et de plus de 5 000 emplois indirects, offrant ainsi des perspectives significatives pour le marché de l'emploi local.
Une réponse aux défis structurels de la capitaleL'initiative intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à une croissance démographique rapide et à une production de déchets qui dépasse largement les capacités actuelles de collecte et de traitement.
Les conséquences sont bien connues : multiplication des dépotoirs sauvages, obstruction des caniveaux, inondations récurrentes, pollution des cours d'eau et risques sanitaires croissants pour les populations.
En misant sur une approche intégrée associant assainissement, recyclage et production d'énergie, le Gouvernement entend apporter une réponse structurelle à ces défis tout en accompagnant la transition écologique du pays.
Cette orientation s'inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de l'assainissement de Kinshasa une priorité nationale et un levier essentiel pour améliorer le cadre de vie des habitants.
Un projet en phase avec les ambitions climatiques de la RDCAu-delà de son impact local, cette initiative répond également aux engagements de la République démocratique du Congo en matière de développement durable et de transition énergétique.
La valorisation énergétique des déchets constitue aujourd'hui l'une des solutions privilégiées dans plusieurs grandes métropoles confrontées aux défis de l'urbanisation. En convertissant les déchets en électricité, le projet contribue simultanément à la réduction des émissions liées aux décharges, à la diversification des sources d'énergie et au développement de l'économie circulaire.
La délégation reçue par la ministre comprenait, outre Georges Mikwasa, le professeur Biey Makaly Emmanuel, Muamba Tshibangu Malick ainsi que le Dr Tathy Kidiapongo, tous impliqués dans l'élaboration de cette étude stratégique.
Avec la signature annoncée du protocole d'accord, le projet entre désormais dans une phase décisive. Sa concrétisation pourrait constituer un tournant majeur dans la politique environnementale de Kinshasa en faisant de la gestion des déchets non plus une contrainte, mais un moteur de développement économique, énergétique et écologique.
Rachel EMISAVE
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