Environnement

LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE EN RDC : Greenpeace Afrique plaide pour des écoles sans plastique, les experts appellent à une réforme nationale

LUTTE CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE EN RDC : Greenpeace Afrique plaide pour des écoles sans plastique, les experts appellent à une réforme nationale

 La lutte contre la pollution plastique en République démocratique du Congo semble franchir un nouveau cap. Alors que les Volontaires de Greenpeace Afrique proposent d'introduire les gourdes réutilisables dans les établissements scolaires dès la rentrée 2026-2027, les experts réunis lors d'un atelier national sur la gestion des déchets plastiques recommandent une profonde réforme du cadre juridique, institutionnel et économique du secteur. Deux démarches distinctes, mais complémentaires, qui traduisent une même ambition : transformer les habitudes de consommation tout en renforçant la gouvernance environnementale.

Image après l'introduction

Pour les Volontaires de Greenpeace Afrique, le combat contre les déchets plastiques doit commencer à l'école. Dans un plaidoyer présenté devant les autorités publiques et les partenaires environnementaux, le mouvement estime que les établissements scolaires constituent le meilleur cadre pour inculquer aux jeunes des comportements responsables. Les consultations menées dans plusieurs écoles de Kinshasa révèlent une utilisation massive de bouteilles et d'emballages plastiques à usage unique, dont une grande partie finit dans les cours d'école, les caniveaux et, à terme, dans le fleuve Congo.

Face à ce constat, Greenpeace Afrique préconise plusieurs mesures concrètes : l'adoption d'une circulaire nationale encourageant l'utilisation des gourdes réutilisables dans les écoles publiques et privées, la réduction progressive des emballages plastiques jetables, l'amélioration de l'accès à l'eau potable dans les établissements scolaires ainsi que l'intégration de la lutte contre la pollution plastique dans les programmes d'éducation à la citoyenneté et à l'environnement. L'organisation appelle également à soutenir les initiatives des élèves, des enseignants et des parents en faveur d'écoles plus propres.

Au-delà de cette approche éducative, les conclusions de l'atelier de consolidation des recommandations sur la gestion des déchets plastiques montrent que les défis sont également structurels. Les quatre commissions thématiques ont formulé douze recommandations prioritaires visant à moderniser le dispositif national de lutte contre la pollution plastique.

Sur le plan juridique, les experts proposent notamment la révision du Décret n°17/018 du 30 décembre 2017 afin d'en corriger les incohérences, la création d'un comité multipartite chargé du suivi des réformes ainsi qu'un vaste programme de vulgarisation pour améliorer l'application des textes existants.

Les recommandations accordent également une place importante à la responsabilité des producteurs. Elles prévoient un suivi de toute la chaîne de valeur des emballages plastiques, des mesures contraignantes pour les utilisateurs, des incitations fiscales en faveur des entreprises de recyclage ainsi que la création d'un Fonds national destiné au financement de la prévention, de la collecte, du recyclage et de la valorisation des déchets plastiques.

Les participants insistent par ailleurs sur le développement de l'économie circulaire à travers l'écoconception des emballages, une implication plus forte de l'État dans la collecte et le recyclage, ainsi que l'assainissement du secteur par la suppression des marchés pirates. Ils recommandent enfin la mise en place d'un cadre institutionnel permanent, d'un programme national de sensibilisation et d'un mécanisme de financement durable du secteur de l'assainissement.

L'analyse croisée de ces deux documents met en évidence une convergence stratégique. Le plaidoyer des Volontaires de Greenpeace Afrique agit sur le changement des comportements dès le plus jeune âge, tandis que les recommandations issues de l'atelier ciblent les réformes législatives, la gouvernance et les mécanismes économiques. Autrement dit, la réduction durable de la pollution plastique ne pourra être obtenue ni par la seule sensibilisation, ni uniquement par la réglementation, mais par une combinaison des deux approches.

L'introduction des gourdes réutilisables dans les écoles pourrait ainsi devenir le premier maillon d'une politique nationale plus ambitieuse intégrant l'éducation environnementale, la responsabilité des producteurs, le financement de l'économie circulaire et une gouvernance renforcée. Si ces recommandations sont effectivement mises en œuvre, la République démocratique du Congo disposerait d'un levier important pour réduire les déchets plastiques, protéger ses écosystèmes et préparer une nouvelle génération de citoyens plus engagés dans la préservation de l'environnement.

Horty SIFA

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