Environnement

KINSHASA : LES STATIONS-SERVICE ENVAHISSENT LES QUARTIERS ET METTENT LA POPULATION EN DANGER, RÉVÈLE UNE ÉTUDE

KINSHASA : LES STATIONS-SERVICE ENVAHISSENT LES QUARTIERS ET METTENT LA POPULATION EN DANGER, RÉVÈLE UNE ÉTUDE
Kinshasa. Une étude scientifique menée par une équipe de chercheurs de l'Université de Kinshasa tire la sonnette d'alarme sur la prolifération des stations-service dans le district de Funa. Les résultats révèlent une non-conformité généralisée aux normes d'implantation et mettent en évidence des risques majeurs pour l'environnement, la santé publique et la sécurité des habitants.

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Conduite entre 2019 et 2023, l'étude a recensé 24 stations-service grâce à un système d'information géographique (SIG) et à des relevés GPS. Les chercheurs ont mesuré les distances séparant ces installations des habitations, des écoles, des églises, des hôpitaux ainsi que des autres stations-service afin d'évaluer leur conformité aux normes en vigueur.

Les conclusions sont sans appel. La distance moyenne entre une station-service et les habitations n'est que de 21,8 mètres, alors que la norme minimale recommandée est de 50 mètres. Aucune des 24 stations étudiées ne respecte cette exigence.

Le constat est tout aussi préoccupant pour les autres infrastructures sensibles. Les écoles se trouvent en moyenne à 157,8 mètres, les églises à 127,9 mètres et les hôpitaux à 286,7 mètres, bien en dessous de la distance réglementaire de 500 mètres. Seules 20,8 % des stations respectent également la distance minimale de 500 mètres les séparant d'une autre station-service.

Selon les chercheurs, cette proximité excessive expose les populations à de multiples dangers. Les risques identifiés concernent notamment la contamination des sols et des nappes phréatiques par les hydrocarbures, la pollution atmosphérique provoquée par les composés organiques volatils, les incendies et explosions, ainsi que l'exposition chronique à des substances reconnues comme cancérigènes.

L'analyse statistique révèle également une tendance inquiétante : les stations-service les plus récemment construites sont implantées encore plus près des zones sensibles, notamment des hôpitaux. Cette évolution traduit, selon les auteurs, un relâchement progressif du respect des règles d'urbanisme.

Pour synthétiser ces différents paramètres, les chercheurs ont élaboré un Indice composite de risque d'empiètement spatial (SERI). Cet indicateur montre que 21 des 24 stations-service présentent un niveau de risque jugé élevé ou très élevé.

Face à cette situation, les auteurs estiment qu'une intervention rapide des pouvoirs publics est indispensable. Ils recommandent l'adoption d'un décret spécifique réglementant l'implantation des stations-service, accompagné d'un manuel technique d'aménagement destiné à encadrer les nouvelles constructions et à renforcer les contrôles.

Les chercheurs considèrent que ces mesures permettraient de mieux protéger les écosystèmes urbains, de réduire les risques industriels et sanitaires et de garantir un développement plus durable de la capitale congolaise.

L'étude a été réalisée par Kumbu Ngoma Gautier, Vuni Simbu Alexis, Mayala Tshiamu Héritier, Ntombi Mwen Mutsindu Abel, Losembe Konga Moïse, Lemfu Emmanuel, Umba Siasi Victorine, Fils Makanzu Imwangana et N'zau Umba-di-Mbudi Clément, chercheurs et enseignants de l'Université de Kinshasa et du Groupe Géo-Hydro-Énergie.

Serge GATA- Green impact média 

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